Les bouleversements de la décennie

Une décennie s’achève laissant place à la suivante, l’occasion de faire le bilan sur les bouleversements qui ont directement impacté notre quotidien au cours des dix dernières années.


Les réseaux sociaux


Le premier bouleversement qui me vient à l’esprit est celui des réseaux sociaux. Au cours de la dernière décennie, ils se sont ancrés dans nos vies à tel point qu’il paraît bien difficile de vivre sans. Pour ma part, je les ai longtemps considéré comme du divertissement puis ils sont progressivement devenus des outils de travail. Quand j’ai lancé ESKIV, plus de 80% des ventes venaient d’Instagram.


Pourtant, étant très attaché à la liberté, je me sens prisonnier de ces applications au design parfait et aux notifications incessantes qui me volent mon temps. Plus le temps passe, plus j’arrive à m’en détacher (et c’est tant mieux) sans être disposé à les abandonner totalement.


Les réseaux sociaux m’ont permis de découvrir énormément de contenu passionnant et ont de manière générale, contribué à l’essor de la création amateur. Les professionnels n’ont plus le monopole de la création et chacun est aujourd’hui en mesure de créer et pour certains de vivre de leurs productions hors des circuits traditionnels des médias. On ne compte plus les youtubeurs, rappeurs et autres artistes qui ont percé en seulement quelques vidéos. Les réseaux sociaux ont aboli les barrières à l’entrée et élargi l’offre de contenu.


Le réseau qui m’a le plus marqué dans cette décennie est de loin LinkedIn. Sans l’accès à ce réseau mondial, le projet Going Freelance n’aurait jamais pu voir le jour avec cette envergure. Il m’a permis de sortir de mon cercle social proche et du réseau des alumnis en m’ouvrant la porte à des millions de profils. J’ai fait des rencontres formidables et je continue de découvrir chaque jour de nouveaux contenus dont la pertinence de recommandation est presque effrayante. Il remet sérieusement en jeu un des principaux atouts des grandes écoles : le réseau. Quelle est encore la légitimité des réseaux d’alumnis lorsque le traditionnel “annuaire des anciens” est public et accessible en un clic ?


De la propriété à l’usage


Un changement majeur est survenu avec l'avènement de l’économie partagée. Portées par la révolution numérique, les plateformes de toutes sortes ont vu le jour, bousculant des marchés établis et protégés depuis des dizaines d’années. La consommation de biens et services en tant que propriété s’efface au profit de la consommation d’usages. Airbnb, Blablacar, Drivy, Uber et bien d’autres entreprises ont complètement modifié la façon dont nous consommons en vendant une expérience, un moment, un usage et non plus une propriété. Dans l’économie de masse qui prédominait au XXe siècle, la norme était de posséder, aujourd’hui c’est de moins en moins le cas.


Cette économie du partage s’inscrit dans une meilleure soutenabilité tant financière qu’économique en permettant à chacun d’optimiser l’utilisation de ses produits.

Ce que je trouve fascinant c’est l’impact que ces plateformes ont sur nos habitudes de consommation. A partir d’un progrès technique, de la création d’une plateforme, un changement culturel a lieu, rendant possible ce qui autrefois était inimaginable.


Laisser les clefs de son appartement à un inconnu s’est démocratisé alors qu’il aurait été impensable de le faire avant l’arrivée d’Airbnb. Joe Gebbia, co-fondateur d’Airbnb explique dans ce TedX la façon dont il s’y est pris. (La séquence dure une minute et c’est de loin un des meilleurs pitchs que j’ai vu !)


L’expérience utilisateur


Déjà amorcée depuis quelques décennies mais renforcée au cours de la dernière, la personnalisation des produits et des services est devenue essentielle. Notre flux Netflix, nos recommandations Amazon, notre feed Facebook, toutes ces expériences sont personnalisées. Plus nous créons de données, plus nos expériences nous correspondent, et parfois restreignent notre ouverture sur d’autres sujets.


Au cours de la décennie passée, cette ultra personnalisation s’est accompagnée d’un véritable recentrage sur l’expérience utilisateur. Le nombre de sites web et d’applications ayant explosé, pour se démarquer il ne suffit plus de simplement proposer un produit ou un service mais de le compléter avec une expérience agréable lors de l’achat ou de l’utilisation.


Même si vous n’avez jamais utilisé Lydia de votre vie, pas besoin d’un tutoriel pour comprendre le fonctionnement de l’application et envoyer de l’argent à vos amis, l’expérience est fluide et intuitive. Il est même discriminant pour une application ou un e-shop de proposer une expérience moyenne. D’excellents UX designers se cachent derrière ces prouesses et je suis convaincu qu’ils ont fortement contribué à la démocratisation du numérique. Je me suis amusé à comparer quelques sites web aujourd’hui et à leur création, le contraste est frappant !


Rendre cool des sujets peu sexy


Dans le seconde moitié de la décennie passée, des start-up se sont lancées de vrais défis : rendre cools et simples des sujets barbants et peu sexys. L’assurance, la banque, la comptabilité, la facturation … des secteurs qui pendant des années n’ont pas fait rêver et qui pourtant aujourd’hui réconcilient les clients et les entreprises de ces secteurs.


En mêlant une excellente expérience utilisateur, un service client irréprochable et bienveillant avec une image de marque sympa, des dizaines de start-up ont dépoussiéré des secteurs délaissés. Bravo à Wemind, Spendesk, Qonto, Luko


Au delà des produits, ces entreprises attirent mêmes les talents, Alan, la start-up proposant des assurances, se hisse au 3e rang des jeunes entreprises françaises les plus attractives.


Le travail en remote


Au cours de la dernière décennie, nous avons créé les outils permettant de travailler à distance. Une véritable prouesse puisqu’il n’est plus nécessaire d’être dans la même pièce pour travailler sur le même projet. Suite Google, Notion, Slack, Zoom, Trello, Calendly et bien d’autres ont ouvert la voie à une nouvelle façon de travailler.


Une fois n’est pas coutume, les possibilités offertes par ces nouveaux outils nous ont permis de transformer nos habitudes. Le présentéisme, le management par la surveillance a pu être remplacé par un management fondé sur la confiance et l’atteinte d’objectifs. Des entreprises sans bureau ont pu voir le jour, s’appuyant sur les compétences de salariés et freelances répartis sur tous les fuseaux horaires.


Conclusion


Cette décennie nous a réservé bien d’autres progrès dans notre quotidien. Pour les dix années à venir, j’espère sincèrement que ces initiatives géniales vont continuer à se développer et ne seront plus réservées à une minorité, qu’elles vont peu à peu se diffuser pour devenir la norme.


A quoi faut-il s’attendre ? Des voitures autonomes pour tous ? Peut-être pas encore partout mais nous aurons certainement les premiers lieux clos où les véhicules non autonomes seront interdits. Sera-il encore possible de créer une entreprise et vendre des produits sans prendre en compte l’impact écologique ? Rien n’est moins sûr ! (et heureusement)


Et vous, quels sont les bouleversements qui ont le plus impactés votre quotidien ? Quelles sont vos prédictions pour les années à venir ?


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