L’écosystème : le futur du travail

Nous sommes en 2006 quand Ronald et son associé se font la réflexion qu’énormément de salles d'hôtels, de conférences sont vides la plupart du temps. Ils décident de lancer un premier concept en invitant quelques freelances à travailler autour d’une table gratuitement.


Au bout de quelques semaines ils agrandissent l’espace alloué aux freelances pour travailler et décident même de leur offrir le déjeuner. Très rapidement ils sont débordés, plusieurs centaines de freelances affluent pour profiter de l’espace et du repas gratuit. Ils ont alors besoin d’augmenter le nombre de lieux et réfléchissent à leur business modèle.


Ils ne veulent pas arriver sur le marché avec un fonctionnement classique d’abonnement mensuel en échange d’un espace de travail. Ils se disent qu’avec un tel démarrage et un tel engouement pour le projet ce serait se saboter que de commencer à faire payer les freelances, une idée germe alors.


L'espace Seats2meet à côté de la gare d'Utrecht


La force de leur concept réside dans les interactions entre les freelances, certains s’entraident, se donnent des conseils, d’autres collaborent ensemble, créent des entreprises. C’est tout un écosystème qui s’active chaque jour dans les espaces devenus lieux de rencontres.


Certains membres commencent à demander des espaces privés de temps en temps, de pouvoir louer une salle et des entreprises s’intéressent alors à cet écosystème et souhaitent faire des “séminaires innovations” au contact de ces travailleurs et louer de grandes salles de réunion. Ils font alors le choix de faire payer pour avoir accès à un espace privé. Dès lors que les travailleurs s’isolent, souhaitent être coupés du reste de la communauté, ils ne créent plus de valeur par le biais de leurs interactions, il est légitime de les faire payer.


Les 120.000 membres de Seats2meet peuvent profiter gratuitement des espaces de coworking dans plus de 200 lieux dans le monde dans presque une trentaine de pays. De nombreuses interactions ont lieu au quotidien, une quarantaine de livres sont nés dans ces espaces et 200 entreprises y évoluent.


Depuis 3 ans maintenant, chaque personne dispose d’un PASSEPORT sur lequel elle renseigne ses informations : son activité de la journée, l’heure à laquelle elle compte quitter l’espace, son domaine d’expertise, ce sur quoi elle peut aider les autres membres. Un algorithme lui suggère alors des personnes à rencontrer au sein de la communauté qui se situent dans les alentours. Il lui suggère également des espaces et différents contenus susceptibles de l’intéresser.

Mieux encore, si un des coworker a besoin d’aide, il peut poser une question et l’algorithme lui recommande alors trois personnes susceptibles d’avoir la réponse et de pouvoir l’aider. Ces réponses aux questions permettent de positionner certaines personnes comme experts sur un domaine et d’être identifiée comme tel par le reste de la communauté.


Attention ! Toutes ces données ne sont pas vendues, elles constituent le PASSEPORT de la personne et c’est ce qui permet le fonctionnement de l’écosystème : la mise en relation et les interactions. La données qui composent le PASSEPORT appartiennent bien à la personne et non à Seats2meet qui ne la revend pas. En ce sens, ils se différencient d’un réseau social car la data n’équivaut pas à de l’argent, la data sert simplement à l’existence du concept, elle permet à l’innovation d’exister et de créer un écosystème d’espace de membres et de contenu mais elle n’est pas une source de revenu. La seule source de revenu de Seats2meet reste l’argent issu des locations d’espaces privés. A partir de l’année prochaine, le PASSEPORT sera connecté à une blockchain afin que la propriété légale des données puisse être établie et véritablement rendue à l’utilisateur.


Un concept qui nous a séduit tant il est porteur d’idées nouvelles, affiche une forte ambition et préfigure ce que pourrait être le travail de demain.



Des pistes pour imaginer le travail de demain ?


Aujourd’hui les grands groupes collaborent avec des start-ups qui leur apportent flexibilité, agilité et de nouvelles idées. Or ce sont justement ces travailleurs qui composent l’écosystème Seats2meet, ils sont freelances, étudiants, startuppers, ou PME et de tous âges. Les grandes entreprises qui ont souvent des salles vides peuvent tirer parti de ces espaces en accueillant gratuitement les membres de Seats2meet, cela permettrait aux employés de côtoyer des personnes extérieures et de favoriser les échanges, peut-être même de faire naître des collaborations en les plongeant dans un nouvel environnement de travail. Pour le moment Seats2meet a effectué quelques tests de ce type qui sont concluants, en revanche il est encore parfois difficile de faire comprendre à une grande entreprise qu’il est dans son intérêt d’ouvrir une partie de ses locaux à des travailleurs externes à celle-ci.


L’ecosystème Seats2meet c’est également la mise en réseau des différents espaces de travail. Tout comme nous avions eu cette réflexion en faisant la découverte de l’application Croissant, nous ne manquons pas d’espaces de coworkings mais d’une meilleure connexion entre ces derniers, amélioration de l’entrée dans les lieux, référencement.


Enfin Ronald nous confie qu’il rêve d’un futur où différentes initiatives de se type joignent leurs forces aux quatre coins du monde, un rassemblement de plusieurs communautés et l’enrichissement du PASSEPORT de chacun grâce aux interactions. Nous pouvons imaginer une plateforme de mise en relation entre freelances et entreprises dont le feedback de fin de mission de l’un peut enrichir le PASSEPORT de l’autre, plus les données sont nombreuses, mieux l’algorithme pourra être performant et l’écosystème sera riche d'interactions.

Nous pouvons encore imaginer mieux si nous parvenions à connecter les données de différents services : si Ronald à Amsterdam réserve une salle d’un espace à Paris, Seats2meet pourrait lui recommander un trajet en Blablacar en se servant des données de son PASSEPORT et de celles d’un conducteur qui aurait prévu un tel trajet, il n’aurait alors pas à se rendre sur une autre application, rentrer ses données et effectuer une recherche. L’algorithme lui recommanderait un trajet qu’il n’aurait plus qu’à accepter ou refuser.


Il faut bien garder en tête que la personne reste propriétaire des données contenues sur son PASSEPORT et contrôle ce qu’elle partage, la blockchain ne permet que de stocker et d’échanger de manière fiable, transparente et sécurisée les données des travailleurs. C’est en cela que Seats2meet se différencie des réseaux sociaux, ils ne vendent pas les données recueillies, elles ne font que servir le bon fonctionnement du concept en favorisant les interactions.

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