Du labeur à l’ouvrage : comment j'ai compris le sens du travail avec Laëtitia Vitaud

Je me suis souvent demandé quel était le sens du travail. Pourquoi travaillons-nous ? Le travail permet-il de se réaliser, de s’épanouir ou n’est-il qu’une activité nécessaire ?

Pour certains le travail est un véritable calvaire qui abime, il n’est que labeur, pour d’autres il semble être une oeuvre qui façonne et fait grandir. Certains métiers ne sont-ils que l’un ou que l’autre ? Ou bien le labeur et l’ouvrage font-ils partie intégrante de chaque métier ?


Ces questions tournent dans ma tête depuis que j’ai réalisé que je ne serai pas enfant toute ma vie et qu’un jour, moi aussi j’allais devoir travailler. J’ai trouvé beaucoup d’éléments de réponse dans le livre de Laëtitia Vitaud, Du labeur à l’ouvrage.



Se demander ce que l’on va faire plus tard, c’est souvent une question quotidienne en école de commerce. Une formation qui ne ferme presque pas de porte, en entrouvre énormément mais ne donne pas de direction précise. J’ai le syndrome de l’école de commerce, c’est à dire que je sais faire un peu, des tas de choses dans plein de domaines variés mais je n’ai pas de spécialisation précise. Un ressenti étrange après cinq ou six ans d’études post-bac, surtout quand on discute avec des amis qui ont fait le choix de la fac, IUT ou école d’ingénieur. Après autant d’années sur les bancs, ils ont acquis une excellence technique dans leur domaine que l’on n’a pas dans une formation plus générale.


Cela m’a ennuyé pendant un moment, avant de réaliser qu’il n’y avait pas que les spécialisations techniques mais que l’on pouvait également devenir expert dans son secteur. Dans le fond, ce côté généraliste révèle une capacité d’adaptation, et c’est une force. Il donne aussi la possibilité d’explorer différents métiers au sein de son industrie, une liberté enrichissante. Le syndrome de l’école de commerce était dépassé.


En revanche, je ne savais toujours pas ce que je voulais faire, et j’enviais ceux qui, depuis toujours, en avaient une idée très précise. Ma mère et ma copine sont médecins, une vocation qu’elles portent en elles depuis l’enfance. Lorsque l’on n’a pas cette voix intérieure qui nous dit “je veux sauver des vies” on se met à tâtonner. Un premier stage, un second stage, parfois une alternance et un premier CDI, bien souvent les profils généralistes se retrouvent embarqués dans une carrière sans même s’en rendre compte. Au bout de quelques années, certains se retrouvent coincés dans les bullshit jobs décrits par l’anthropologue David Graeber et expliqués par Laëtitia dans son livre.


Pour ma part, j’ai refusé ce contrat de labeur avant même qu’il ne commence en allant explorer le travail de demain avec le projet Going Freelance. Une quête vers un contrat d’ouvrage qui ne fait que commencer! Dans son livre, Laëtitia a mis des mots et replacé dans une perspective historique un ressenti qui est loin d'être générationnel, mais le fait d'un changement de paradigme.


J’ai tiré 3 enseignements de ce livre :


  • La crise de sens et l’ennui dont souffrent un nombre croissant de travailleurs salariés sont une aliénation qui peut trouver son remède dans les principes de l’artisanat.” Laëtitia explique très justement que l’autonomie, la créativité et la maîtrise de l’impact de son travail, qui sont caractéristiques de l’artisanat, peuvent se retrouver dans de nombreux métiers que l’on ne considère pas comme artisanaux. Pour passer du labeur à l’ouvrage, il s’agit de s’approprier les principes de l’artisanat dans son quotidien.

  • Les services de proximités résistent à l’économie de masse car ils ne peuvent être standardisés, délocalisés ou automatisés. Ils représentent un gigantesque vivier d’emplois futurs et sont souvent, et à tort, exclus des discours sur l’emploi. Ces métiers pour lesquels la relation humaine est centrale doivent faire l’objet d’une meilleure reconnaissance.

  • Le freelancing est une des façons de passer du labeur à l’ouvrage. Ce dernier point je ne peux que le confirmer par du vécu pour avoir rencontré plusieurs dizaines de freelances au cours de l’année passée. Presque tous étaient passés par la case salariat et ont eu l’impression de “redécouvrir leur métier” en devenant freelance. Ils ne travaillaient pas différemment mais ils le font maintenant à leur façon et pour eux, cela change tout. Il y a bien d’autres façons de passer du labeur à l’ouvrage, le freelancing n’en est qu’une des voies possible.

Je ne peux que vous recommander de dévorer l’oeuvre de Laëtitia Vitaud qui vous donnera à vous aussi, je l’espère, des clés pour trouver du sens dans votre travail.



Disclaimer : Pas d’affiliation, seulement un gros coup de cœur.

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